lundi 22 mai 2017

Opération Napoléon d'Arnaldur Indridason

En 1945, un bombardier allemand s'écrase sur un glacier européen, avec à son bord, des officiers allemands et américains. L'un d'entre eux disparaît, menotté à une valisette. Les américains tentent de faire disparaître l'opération mais avec la fonte des glaciers, la carcasse réapparaît et l'armée américaine tente immédiatement de la faire disparaître en secret. Deux jeunes randonneurs, présents sur les lieux, disparaissent. Mais l'un d'eux a le temps de contacter sa sœur qui se lance sur les traces de son frère.  

Soyons honnête, Indridason sans Erlendur, c'est comme du café sans sucre ou un matin sans voir le lever du soleil, le goût est plus fade. Et depuis qu'il fait de la seconde guerre mondiale le centre de ses romans, je n'apprécie plus autant ce que je lis, tout simplement parce qu'il y manque la poésie de l'auteur, très présente par exemple dans Etranges Rivages. J'ai d'ailleurs décidé de ne plus lire les livres qui ne mettent pas en scène Erlendur, qu'il soit en début de carrière puisque l'auteur a dernièrement choisi de se pencher sur cette période du personnage ou après Etranges Rivages qui finissait sur un doute pour le lecteur. Thierry Janssen est comme toujours un bon lecteur. Lu dans le cadre du prix Audiolib.

A conseiller à ceux qui ne sont pas des amateurs purs et durs d'Erlendur.
Merci à Audiolib. 



Date de parution : 
22 Mars 2017
Durée : 
10h08


jeudi 18 mai 2017

La femme nue d'Elena Stancanelli

Se séparer ne signifie pas redevenir ce qu'on était avant de connaître la personne dont on se sépare. Plût au ciel que ce soit aussi simple. On ne devient jamais ce qu'on a déjà été. 

Anna est amoureuse de Davide qui la trompe régulièrement. Mais lorsqu'elle découvre qu'il envoie des mots d'amours à l'une de ses maîtresses, elle le prend très mal et décide de pirater le compte Facebook de Davide et même de le suivre à la trace grâce à son portable. Elle sent bien qu'elle perd pied mais ne parvient pas arrêter de suivre cette pente glissante. Elle ne dort plus et passe du 44 au 40. Et surtout, elle décide de rencontrer la maîtresse de Davide sans lui dire qui elle est. 

Ce roman est l'histoire presque banale d'une rupture du temps d'internet, de la difficulté de vivre une séparation non choisie avec  les réseaux sociaux et tous les moyens de suivre quelqu'un sur la toile, poussé ici à son paroxysme. Elle doute d'ailleurs, se demande si elle sombrerait moins dans sa folie sans internet. Il est à la fois difficile de ne pas être touchée par Elena et d'éprouver une réelle sympathie pour elle. Peut-être est-ce le problème de ce roman, aucun personnage n'est vraiment sympathique. Je suis persuadée d'oublier très vite cette lecture et je n'y ai pas pris de plaisir particulier. Sans doute que ce roman touche davantage quand on est soi-même au cœur d'une séparation. Il y a par contre un passage assez savoureux sur la différence entre les blondes à frange et les brunes à frange.

Publié le 10 mai 2017 chez Stock.

Merci à la librairie Dialogues
A conseiller à celles (et j'en connais) qui ont déjà fouillé dans les mails de leur ancien petit ami (elles se sentiront moins seules). 


mardi 16 mai 2017

Désorientale de Négar Djavadi

Ce roman fut l'une des surprises de la rentrée, en tout cas pour moi qui suivais encore alors de près les ventes de livres. J'en lisais des critiques enthousiastes mais aussi, fréquemment, mitigées. Dans ce roman centré autour de la mémoire, nous suivons le destin d'une famille iranienne qui se voit vite contrainte d'émigrer en France car le père refuse d'obtempérer au régime en place. Les souvenirs ne sont pas chronologiques car c'est ainsi que fonctionne la mémoire, le lecteur effectue donc des va et vient entre l'Iran et la France, entre l'enfance de Kimiâ, puis son adolescence rebelle et enfin sa vie de femme. C'est un roman qui aborde avec délicatesse le thème évidemment central de l'exil mais aussi de l'homosexualité et de la procréation assistée (j'ai beaucoup apprécié la manière dont Négar Djavad l'aborde). Il faut accepter de se perdre parfois dans le temps mais c'est un beau voyage. Joëlle en avait fait un coup de cœur. Je suis moi aussi tombée sous le charme de ce beau voyage. C'est une écoute commune avec Sylire et Enna (liens à venir). 

Suivi d'un entretien avec l'auteure. 
Date de parution : 
22 Mars 2017
Durée : 
11h03

Lu dans le cadre du prix Audiolib 2017. 
Merci à Audiolib.
C'est la première participation de ce blog au challenge de Sylire

A conseiller à de nombreuses femmes qui retrouveront un fragment d'elles à divers endroits. 


 

dimanche 14 mai 2017

Life de Daniel Espinosa (film)

A bord de la station spatiale, six astronautes découvrent la première preuve de vie extra-terrestre sur Mars sous une forme qu'on imagine peu pourvue d'intelligence et qui va pourtant démontrer qu'elle sait parfaitement utiliser les humains qu'elle a sous la main pour pomper l'eau et l'oxygène qui lui est nécessaire pour se développer. Très vite commence donc entre les astronautes et la "bête" une lutte dont on sent qu'elle est totalement déséquilibrée. 

Je ne suis pas du tout amatrice de ce genre de films a priori. J'y suis allée pour faire plaisir à la personne qui m'accompagnait, parce que j'avais envie d'être avec elle plus que d'aller voir un film en particulier. Eh bien, il y a parfois du bon à se laisser guider car j'ai aimé ce film. Il est bien sûr bourré de clichés; on peut par exemple très vite deviner dans quel ordre les personnages vont disparaître ou en tout cas savoir qui seront les deux derniers. Mais ça a finalement aussi fait partie du plaisir, d'essayer de décoder. Les acteurs sont bons, le "monstre" assez bien fichu, bref, ceux qui aiment le genre devraient se régaler, les autres, comme moi, passer un bon moment, ce qui n'est déjà pas si mal. Et pour moi, j'avoue que le spectacle était aussi dans la salle, entre ma voisine de droite qui sursautait et mon voisin de gauche qui était penché en avant comme s'il montait une côte à vélo, c'était cocasse. 

Merci à la personne qui avait très envie de voir ce film (et a adoré).
A conseiller à ceux qui veulent passer un bon moment de détente. 


jeudi 11 mai 2017

Jeux de miroirs d'Eugen Chirovici

Peter est agent littéraire. Il reçoit un jour une lettre d'introduction d'un auteur qui souhaite lui faire lire son manuscrit, dont il lui envoie une première partie, la suite étant envoyée si l'agent trouve le manuscrit intéressant. Peter aime beaucoup le style de la lettre et lit les soixante-dix pages qui lui ont été envoyées. Il y est question d'un jeune étudiant qui tombe amoureux de sa colocataire et travaille pour un professeur que cette dernière lui a présenté et qu'on découvre assassiné. Quand Peter demande la suite du manuscrit, on lui apprend que l'auteur vient de mourir. Il ne baisse pas les bras pour autant et décide d'embaucher un journaliste pour découvrir si la fin du manuscrit existe et si ce n'est pas le cas, pour trouver les éléments qui permettraient de le finir. 

A la fin de son roman, l'auteur donne un certain nombre d'informations intéressantes sur son livre. Il explique d'abord qu'il l'avait envoyé à un éditeur tellement honnête que ce dernier lui a conseillé d'aller voir ailleurs, considérant qu'il était trop bon pour sa petite maison d'édition qui ne pourrait payer à l'auteur l'à-valoir que le roman méritait. Eugen Chirovici explique aussi que l'idée de son roman vient d'un souvenir qu'il a toujours considéré comme faisant partie de ce qu'il avait vécu, jusqu'à ce qu'on lui explique qu'il n'était pas présent à cet événement mais s'était persuadé du contraire à force d'en entendre les détails. L'un des thèmes principaux de ce roman est effectivement comment un même événement peut être vécu différemment par les uns et les autres puisque chacun ne voit qu'une partie de la réalité. Même si ce roman n'est pas étiqueté comme roman policier, nul doute pour moi qu'il en est un, avec son mort, sa femme fatale et ce jeune étudiant dont on ne sait s'il est naïf ou manipulateur. C'est classique (l'auteur dit d'ailleurs que ses influences le sont), sans doute un peu trop pour moi mais ça devrait plaire. C'est le premier livre de cet auteur roumain écrit en anglais, livre qui fut rejeté par six éditeurs américains mais accepté immédiatement par un éditeur britannique.  Je n'ai pas été emballée par la lecture qui m'a paru un peu plate. Un livre audio lu par Vincent Schmitt et traduit par Isabelle Maillet. Mars 2017. Durée: 7h
Merci à Audiolib. Lu dans le cadre du prix Audiolib 2017. 
A conseiller aux amateurs de puzzles.



mardi 9 mai 2017

Born to run de Bruce Springsteen

Le titre de ce livre fait référence au premier single de Bruce Springsteen, aucune référence à la course à pied donc. Le chanteur nous livre son parcours avec minutie, de son enfance dans la pauvreté du New Jersey à son ascension. S'il devînt célèbre assez jeune, il nous rappelle qu'il a commencé à réellement travailler pour le devenir quand il avait environ seize ans, et qu'il lui a donc fallu plusieurs années pour atteindre son but. 

J'ai trouvé le parcours de Springsteen assez intéressant. Rien de vraiment original dans son enfance dans le sens où nous avons déjà eu de nombreux témoignages d'enfance dans la pauvreté mais ce qui l'est, c'est tout de même l’opiniâtreté dont va faire preuve cet adolescent, puis ce jeune adulte, qui vit loin de l'industrie de la musique, afin d'atteindre son but, sa manière parfois d'écarter des amis parce qu'ils ne sont pas assez bons, bref son professionnalisme. Avant la lecture, j'avais tendance à trouver le chanteur sympathique. Après la lecture, mon avis est plus contrasté mais c'est souvent le cas quand je lis des autobiographies de personnes que j'aime bien (le pire souvenir pour moi restant celle de Simone Veil). J'ai aimé la première moitié, celle de l'ascension, un peu moins la seconde. Il m'a semblé qu'ensuite, le rythme s'essoufflait un peu. Il m'a fallu m'habituer au lecteur, Jacques Franz,  dans le rôle de Springsteen  mais j'ai fini par le faire, avec un bémol toutefois quand il lit des paroles de chansons en anglais. J'ai beaucoup aimé les références et le contexte musical de l'époque. Il décrit par exemple très bien ce que l'arrivée de Beatles et d'Elvis Presley a pu apporter aux jeunes américains de l'époque. 

A conseiller en premier lieu aux fans de musique. 
Merci à Audiolib. 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017. 
Date de parution : 22 Mars 2017


Durée : 
19h21

dimanche 7 mai 2017

Festival Terres de Paroles 2017 (clap de fin)

Il s'est fini dimanche ce beau festival et je vais vous l'avouer, il m'a tellement plu que j'ai eu un petit serrement au cœur à la fin de la dernière manifestation à laquelle j'ai assisté.  Je garderai de cette année trois grands temps forts. Il est possible que les pièces passent un jour près de chez vous, n'hésitez pas à y aller. 

- Bovary de Tiago Rodrigues, avec entre autres Jacques Bonnafé,  vu le 28 mars à Rouen. J'ai très envie de continuer à découvrir ce que fait ce directeur du théâtre de Lisbonne.
- La manifestation sur un texte d'Antoine Choplin avec Denis Bernet-Rollande qui a mis en scène et joué le spectacle, vu le 28 avril à Envermeu. Le repas qui a suivi, partagé avec l'auteur et le comédien a rendu  cette soirée encore plus belle. 

- Le véloulipo le 29 avril à Saint Aubin les Cauf. Sous la direction de Frédéric Forte, Paul Fournel
que j'ai toujours tant de plaisir à retrouver, Eduardo Berti, Jacques Jouet et Olivier Salon, cinq groupes de cyclistes ont fait travailler leur méninges tout en pédalant. Pendant que certains s'essayaient aux sonnets, nous avions la tâche de confectionner des haïkus. Eduardo Berti, notre chef de troupe,  avait eu la bonne idée de nous demander d'en faire quelques-uns en chaînes. Nous devions reprendre le dernier vers composé par l'un des nôtres. C'était drôle de voir tout le monde scander les pieds 5/7/5 sur les guidons. Drôle et presque émouvant. Voici l'un des nôtres, écrit donc par l'équipe rouge composée de Dominique, Antoine, Angélique, Grégory (que je remercie d'avoir rassemblé nos travaux), Pili, Béa et moi-même. Celui-ci, je l'ai commencé avec le "cul" d'Antoine, ce n'est certes pas correct de le dire mais c'est la pure vérité. 


Et si ton cul pleure 
Il est tellement content 
D'être enfin musclé

D'être enfin musclée
Oh rêve illusoire
Mais pédale, pédale, pédale!

Mais pédale, pédale
Pas à toi de décider
J'aime être à l'arrêt.

J'aime être à l'arrêt
Nez au vent, goûter l'air du temps, 
Me laisser porter

Me laisser porter
par la paume des vents de mer
Livre sans parole. 


Ce fut un très beau moment de partage et de voir, lors de la restitution finale, des enfants, des moins jeunes, des femmes mais aussi beaucoup d'hommes faisait chaud au cœur. Si mes co-équipiers passent par ici, qu'ils sachent à quel point j'ai aimé partager ce moment avec eux. Un autre membre rouge en avait parlé ici et là. 

Concentration maximale chez les rouges (photo d'Eduardo Berti) 
Un immense merci au festival Terres de Paroles, aux auteurs, acteurs et metteurs en scène et à mes partenaires de jeu, que ce soit sur un vélo, sur un coin de nappe proustienne ou dans la salle d'un spectacle. 
A conseiller à tous, sans modération.