jeudi 31 mars 2016

Et si on écoutait Raison et sentiments de Jane Austen ?


Marianne Dashwood was born to an extraordinary fate. She was born to discover the falsehood of her own opinions and to counteract, by her conduct, her most favourite maxims. 

J'ai mis beaucoup de temps à apprécier les romans de Jane Austen. Pendant très longtemps, je les associais à des romans à l'eau de rose, sans doute à cause des adaptations et des fans qui se pâmaient pour Colin Firth dans le rôle de Darcy. J'ai vu l'adaptation de la BBC avant de lire Orgueil et Préjugés, puis je suis tombée en admiration pour l'incipit, que j'étudie encore très régulièrement avec mes élèves. Je me suis alors mise à la lire et comme vous le voyez, à écouter ses oeuvres. 

Il y a bien sûr de nombreux points communs entre Raison et Sentiments et Orgueil et Préjugés (je ne le dirais qu'entre parenthèse et pourtant, pour moi, c'est loin d'en être une, j'aime tellement les titres anglais que leurs traductions françaises me semblent terriblement fades) puisque le thème central de tous les romans de Jane, c'est la place des femmes dans la société à la fin du XIIXe siècle. Elinor, Marianne et Margaret sont trois soeurs qui sont chassées de Norland, la maison de leur enfance, par le frère aîné qui hérite, comme c'était le cas à l'époque. Mère et filles s'éloignent donc, ne pouvant compter sur la générosité du frère. Ce sont de lointaines connaissances qui leur viendront en aide. Marianne est une jeune femme romantique, pleine d'idées toutes faites. Pour elle on ne peut aimer deux fois, ce qui est d'autant plus stupide qu'elle est le fruit d'un second mariage heureux. Quand elle tombe amoureuse de Willoughby, chasseur hors-pair, de gibier mais aussi, comme elle ne le sait pas, de jupons, elle se donne à corps perdu à son amour. Elinor est la voix de la raison, ce qui ne l'empêche de tomber amoureuse d'Edward, héritier potentiel puisque premier fils d'une fratrie. 

Si j'aime Orgueil et Préjugés pour l'humour que Jane Austen sait manier, j'aime ce roman-ci pour sa construction et pour son jeu des doubles. Les soeurs qui s'opposent mais font face aux mêmes difficultés, les fratries qui sont traitées par paires. Si Darcy et M.Bennet rendraient les hommes plus sympathiques (même si, en y réfléchissant bien, M. Bennet est un personnage qui se moque de sa femme mais qui est très passif), ce premier roman de Jane Austen ne les épargne pas. Le seul personnage masculin qui trouve grâce à mes yeux par sa flamboyance est Willoughby, le coureur de jupon et de dot, pour qui Elinor ressent malgré tout une certaine affection. Les autres sont plutôt fades. Et j'aime le traitement assez original du droit à une seconde chance, ce qui un sujet assez rare dans la littérature supposée romantique. Jane Austen est pour moi une vraie auteure féministe, comme le sera un peu plus tard de l'autre côté de la Manche, Edith Wharton, c'est à dire une femme qui dénonce l'inégalité sociale entre les sexes. A noter que ce roman fut publié sous le pseudonyme de "A lady". 

J'ai complété la lecture papier par la lecture audio, dans une très bonne version anglaise

Merci à mes enfants qui m'ont offert la version audio.
A conseiller à tous ceux qui aiment lire ou écouter du bel anglais, un brin désuet comme on l'aime parfois. 

mardi 29 mars 2016

Un bon garçon de Paul McVeigh

Les romans sur l'Irlande du nord m'attirent toujours, et toujours beaucoup plus que ceux sur l'Eire. J'ai beaucoup étudié les Troubles avec mes élèves, il m'arrive encore de le faire et Bloody Sunday de U2 récolte toujours autant de succès, ce qui ne cesse de me surprendre. Ce roman d'apprentissage met en scène Michael qui vit à Belfast dans la zone catholique avec son père alcoolique, sa mère qui travaille pour nourrir la famille, ses deux soeurs et son frère. Au tout début du roman, il est admis dans une grammar school, ces écoles dans lesquelles on rentrait sur concours mais ses parents lui annoncent qu'il ne pourra pas y aller car il ne peuvent se le permettre. Ce roman est celui de l'été qui précède son entrée à Saint Gabriel's, l'école de secteur, celle dans laquelle il sent très vite qu'il va falloir jouer des coudes pour ne pas se faire dévorer tout cru. Or Michael a la voix haut perchée, il est plus doué que les autres à l'école, bref, il est déjà affublé du mot "pédé" alors même qu'il a un sacré béguin pour Martine. 

Si ce roman se situe dans les années 60, à l'époque des Troubles (ce qui en fait un point fort à mes yeux), il a un point faible : j'ai toujours beaucoup de mal avec les romans d'apprentissage. Certains trouvent tout de même grâce à mes yeux mais ce ne fut pas le cas de celui-ci, à part pour les dernières pages, prévisibles mais touchantes. Comme je l'expliquais à Attila, les histoires de garçons qui découvrent les prouesses de leurs "zizis" (mot employé très souvent dans le roman) me laissent de marbre. Et sur le thème du premier baiser, j'ai nettement préféré le livre de Nicolas Delesalle, Un parfum d'herbe coupée. Alors certes, c'est parfois drôle et l'époque des Troubles me semble bien rendue, très proche du film Au nom du père que j'adore, mais des histoires avec des pères irlandais alcooliques et des mères qui passent leur temps à sauver les meubles, j'en ai peut-être trop lues pour y être encore sensible. 
Gwenaëlle a aimé. 

Merci à Philippe Rey et à l'agence Anne et Arnaud
A conseiller à ceux qui aiment les romans d'apprentissages masculins. 

Date de parution :17/03/2016- 250 p.
Traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paoloni

dimanche 27 mars 2016

L'autre Joseph de Kéthévane Davrichewy

Dans ce roman, Kéthévane Davrichewy met en scène deux Joseph qui ont bel et bien existé : Staline et l'arrière-grand-père de l'auteur qui côtoya de très près Staline puisqu'on soupçonne qu'ils aient pu être liés par les liens du sang. L'arrière-grand-père est né à Gori an Georgie. Il partage la même bande de copains que celui qu'on surnomme Sosso et aux dires de certains, partageraient aussi le même père, le préfet de Gori qui n'est officiellement pas le père de Sosso. Les relations entre les deux garçons sont difficiles, Sosso ne cessant de prendre plaisir à humilier Joseph. La fin de l'adolescence va signer un éloignement provisoire. 

Le résumé de cette histoire que l'auteure a en partie imaginée puisqu'il n'existe que des traces marquant les grandes lignes du parcours de son arrière-grand-père m'attirait beaucoup. Je n'avais pas encore lu Kéthévane Davrichewy  mais là encore, l'envie était présente. Deux envies ne suffisent pas à créer un véritable plaisir et je me suis ennuyée tout au long de cette lecture. Je persiste à penser qu'il y avait de quoi écrire un bon roman au souffle épique et/ou révolutionnaire mais peut-être que l'auteure n'a pas réussi à prendre de la distance avec son sujet, ce qui s'explique souvent dans le cas d'un thème personnel, toujours est-il qu'on ne se prend jamais de passion pour le destin pourtant singulier de cet arrière-grand-père. J'ai vraiment eu l'impression d'un gâchis. Surtout qu'il y a un passage que j'ai aimé, c'est celui qui clôt le livre, quand l'auteur nous parle de son père et de la rencontre fortuite entre son oncle et son arrière-grand-père. Et là, je me suis dit que c'est l'ensemble qui aurait pu avoir cette beauté. 

Je me dois de préciser que si mon avis est en accord avec celui d'Attila, il tranche totalement avec ceux que l'on peut lire sur le site de la librairie Dialogues. Peut-être vaut-il donc la peine que vous vous fassiez votre propre opinion. 

Merci à la libraire Dialogues et à Attila qui m'a accompagnée dans cette lecture. 
Je suis bien en peine de vous dire à qui le conseiller.  






Éditeur
Sabine Wespieser
Date de publication

jeudi 24 mars 2016

Transparent de Jill Soloway ( série TV)


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Il a fallu tout l'enthousiasme de ma camarade de série pour que je regarde celle-ci. J'étais réticente pour deux raisons : je n'aime pas beaucoup le format 26 minutes et je me disais que c'était peut-être pour moi  la série de trop mettant en scène un transgenre. Il m'a fallu quelques épisodes pour apprécier vraiment cette famille juive un peu particulière mais j'ai fini par vraiment m'y attacher, au point d'éprouver un petit pincement au coeur à la fin de la saison 2. 
Morton Pferfermann est un père divorcé sexagénaire. Au début de la première saison, sa fille aînée, mariée et mère de famille, renoue avec celle qui fut son amoureuse à l'université, son fils vit une histoire avec une femme plus jeune que lui et sa benjamine ne sait toujours pas ce qu'elle va faire de sa vie. Le père décide d'assumer son besoin de s'habiller en femme. Cette série dresse bien sûr un portait intéressant de ce qu'on nomme "gender" en anglais, c'est à dire le sexe qui définit, en partie, ce qu'on est. Et Morton, qui devient Maura, est tout sauf caricatural. Il est extrêmement touchant. La série aborde avec finesse le "racisme" des femmes contre celles qui ne sont totalement femmes, tout comme celui des transsexuelles contre les transgenres. De plus, on aborde la famille avec tous les problèmes inhérents à ce thème, et notamment un thème qui n'est pas si souvent abordé, je trouve, l'ingratitude des enfants envers leurs parents. Je n'aime pas tous les membres de cette fratrie et je trouve que c'est aussi la force de cette série, de ne pas nous rendre tout le monde sympathique. Mais on s'attachera sans doute, selon notre histoire, à des personnages différents. En tête de la liste, pour moi, viennent Maura et son ancienne femme jouée par Judith Light, connue pour son rôle dans Madame est servie

Cette série fut justement récompensée par des Golden Awards, dont celui du meilleur acteur pour Jeffrey Tambour. C'est drôle mais aussi émouvant et juste. La première saison est sortie en 2014, la deuxième en décembre 2015. 

Merci à celle qui continue à me faire découvrir des pépites.
A conseiller à tous ceux qui ont l'esprit ouvert. 

mardi 22 mars 2016

Et si on découvrait la suite de Millenium ?

Retour en arrière : à la sortie de la trilogie Millenium, je tombe sous le charme de cette série pourtant traduite dans un français parfois approximatif. Je ne suis pas forcément capable d'analyser pourquoi ces romans me plaisent tant, si ce n'est que je découvre un personnage qui, à ce jour, reste l'un, peut-être même mon, personnage féminin préféré, Lisbeth Salander. Je casse les pieds de mes collègues pour qu'ils le lisent.

Quand sort ce quatrième tome, je n'ai aucune envie de le lire. Pour moi, les suites littéraires appartiennent à leurs auteurs, j'en discute avec mon amie Nathalie qui n'est pas d'accord. Elle considère qu'il est normal qu'un personnage puisse continuer à vivre après la mort de ses auteurs, comme c'est le cas pour Astérix. J'adore ces discussions qui ne parviennent pas à nous mettre d'accord. 

C'est après cette conversation que j'apprends que Millenium 4 se trouve dans la sélection du Prix Audiolib et que mon rôle sera donc de le lire. La grande consolation, c'est que c'est mon lecteur fétiche qui le lit : Emmanuel Deconinck. Alors soyons honnête, pour une suite écrite par un autre auteur, ce n'est pas raté. On suit cette histoire de vol informatique mettant en scène un enfant autiste avec un certain intérêt. Les rebondissements se suivent mais ne monopolisent pas le récit. Pour autant, je doute qu'il satisfasse les fans de Millenium. Mikael Bromvist est sympathique alors que je le trouve insupportable dans la trilogie (sauf quand il est joué par Daniel Craig, mais ça, c'est une autre histoire), l'intrigue est trop simple. On s'arrache un peu les cheveux parfois à comprendre certaines pages de la trilogie; ici, rien de la sorte. Et puis surtout, et c'est là que pour moi, le bât blesse, le personnage de Lisbeth n'a pas cette épaisseur qui fait la force de la trilogie. 

Si vous avez aimé la trilogie sans avoir forcément eu envie de casser les pieds de votre entourage pour qu'ils le découvrent, il est fort possible que vous aimiez ce polar. Si vous êtes comme moi, vous resterez avec un petit goût de frustration. Heureusement, la lecture d'Emmanuel Deconinck est à la hauteur de la trilogie qu'il lit aussi pour Audiolib. 

  • Date de parution : 21 Octobre 2015
  • Durée : 16h15

audiolib

dimanche 20 mars 2016

Et si on écoutait Vernon Subutex de Virginie Despentes?

Mais il était surtout sur des sites porno. Il ne voulait plus entendre parler de la crise, de l’islam, du dérèglement climatique, du gaz de schiste, des orangs-outangs malmenés ou des Roms qu’on ne veut plus laisser monter dans les bus.

Vernon Subutex, le héros de cette trilogie et donc de ce premier volet, est un ancien disquaire. Dans les années 80, sa boutique avait ses fidèles mais maintenant, il est obligé de quémander un abri chez des anciens copains qu'il n'a pas vu depuis des années. En plus de la perte de son magasin, il a perdu des amis morts du cancer ou de la drogue. Parmi eux, Alex est le seul de leur groupe de musique à avoir connu une certaine gloire. 

Vernon Subtex est le roman des marges et de la haine. Vernon déteste tout ce que les autres possèdent, ces murs blancs qui sont les mêmes chez tout le monde, symbole du vide qui entoure chacun. Et pourtant, bien sûr, il ne vise qu'à une chose : en profiter lui aussi. Et puis, il y a cet ami qui l'héberge qui est encore plus haineux que lui, ou qui du moins, l'assume davantage, donnant ainsi libre cours à des jets de haine et de racisme. Si le but de cette partie est de faire faire au lecteur une plongée dans l'exotisme des beaufs racistes, c'est raté pour moi. Des gens comme ça, j'en connais vraiment, des discours comme ça, j'en ai entendus. Ce n'est pas l'apanage des personnages romanesques caricaturaux de les prononcer. Parce que c'est un peu ça, l'effet produit: il est tellement caricatural ce personnage qui, s'il a réussi à épouser une femme un peu fortunée, a raté tout le reste, que ça diminue la portée de ce qui est dit. S'il n'y avait eu que ça, j'aurais passé l'éponge. Mais ce roman d'une nostalgie totale concernant une période révolue, ne m'a jamais attrapée dans ses filets. Et puis je l'avoue, je ne suis pas fan des anti-héros déprimés. 
A conseiller à ceux qui aiment les anti-héros quadragénaires (ou quinquas?)
Merci au Prix Audiolib

audiolib

jeudi 17 mars 2016

Trois films en quelques mots

Afficher l'image d'origineRésultat de recherche d'images pour "the revenant"Ces dernières semaines, je n'ai pas eu le temps de faire de chronique cinéma mais j'ai envie de vous parler de trois films que j'ai aimés. Tout d'abord, The Revenant avec Leonardo Di Caprio dont je vais parler avec une subjectivité toute familiale, ma fille et moi ayant le point commun de craquer pour cet acteur depuis Romeo + Juliet (où vous m'accorderez qu'il est le Roméo idéal). Quelques années, quelques kilos et quelques poils en plus nous le transforment en cet éclaireur américain, père d'un adolescent qu'il a eu avec une indienne, qui va traverser des épreuves invraisemblables. C'est un film sur la survie en milieu hostile et sur la vengeance. C'est surtout le  plus beau film que j'aie vu depuis un moment, d'un point de vue purement esthétique. A mon avis, il est à voir sur grand écran ou pas du tout. 

Sortie en France: 24/02/2016- film d'Alejandro Gomez Inaritu

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J'ai encore plus aimé Les innocentes d'Anne Fontaine qui se déroule en Pologne en 1945. Mathilde est une jeune interne française travaillant pour la Croix-Rouge quand elle est sollicitée par une religieuse pour secourir une autre religieuse qui est sur le point d'accoucher. Elle découvre que plusieurs des femmes enfermées dans ce couvent ont été violées et sont en fin de grossesse. Mathilde va créer des liens très forts avec cette communauté religieuse. Je ne connaissais pas Lou de Laâge que j'ai trouvée lumineuse et même Vincent Macaigne a trouvé grâce à mes yeux, c'est dire si le film est réussi. Les actrices polonaises sont formidables elle aussi. Un très beau film de femmes.

Sortie: 10/02/2016

J'ai aussi aimé Free Love qui relate l'histoire vraie de cette inspectrice atteinte d'un cancer qui se bat pour que sa jeune compagne obtienne sa pension après sa mort, comme c'est le cas pour les femmes de policiers. Si on peut reprocher au film d'avoir enlaidi Julianne Moore comme jamais, je n'ai pas trouvé qu'il faisait dans le pathos, même s'il m'a arraché quelques larmes. Julianne Moore et Ellen Page sont parfaites. J'y allais pourtant avec quelques réticences car Ellen Page semble toujours avoir seize ans malgré les années qui passent et de voir ce couple dans la bande annonce me gênait. Finalement, dans le film, je n'ai pas été choquée par cette différence d'âge. Et si la coupe de cheveux de Julianne Moore peut laisser penser que l'histoire se situe dans les années 70 (Farrah Fawcett, sors de ce corps), il n'en est rien et on se dit qu'il n'y a vraiment pas si longtemps que ça que les couples gays ont commencé à obtenir des droits semblables à ceux des hétéros. 
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Sortie: 10/02/2016


mardi 15 mars 2016

L'arbre de Toraja de Philippe Claudel

Poursuivre sa vie quand autour de soi s'effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase de jeu. 

Philippe Claudel fait partie de ces auteurs que j'aime mais qui m'ont plus souvent déçue que ravie ces derniers temps. Et pourtant, je ne parviens pas encore à couper le cordon. L'arbre de Toraja est de l'autofiction déguisée en roman. Il n'y a pas à proprement parler d'intrigue mais un fil conducteur, la maladie et la mort d'Eugène, le producteur du narrateur (qui possède visiblement les traits de Jean- Marc Roberts, éditeur décédé en 2013).

Tout a très bien commencé entre ce nouveau livre de Claudel et moi. Il touchait à ma réalité du moment, à ma peine et les phrases des cinquante premières pages ont souvent fait mouche. Moi aussi, j'ai appris dernièrement que pour ne pas effrayer les gens, on appelle désormais les cancérologues des oncologues, "un mot de cruciverbiste ou de jeux télévisés". Il y a de nombreuses réflexions sur des sujets variés qui ont résonné en moi parce que j'ai, à un moment donné de ma vie, eu les mêmes doutes: le fait de ne pas vouloir savoir si celle qu'on considère comme notre meilleure amie nous donne la même place (savoir que ce n'est pas le cas ne me pose désormais aucun problème). Passées ces cinquante premières pages, je n'ai plus retrouvé la même envie de retourner à ce livre. Je me suis lassée de ces pensées qu'engendrent la maladie et la mort de l'ami mais aussi la cinquantaine. Parce que rien n'est original dans ce roman, et ce n'est d'ailleurs pas son but. Le quinqua se trouve une jeunette pour se requinquer (et n'y voyez aucun jugement de ma part, je serais bien mal placée pour juger qui que ce soit) et je comprends pourquoi toutes celles qui ont aimé ce livre (et celles qui ne l'ont pas aimé) sont déçues par la fin. Je ne peux pas dire qu'elle m'a déçue car je la trouve cohérente avec le reste : c'est sans doute l'Homme (j'y inclus la femme)  qui est décevant alors, tant il manque d'originalité. 

Ce roman est surtout une déception parce que j'en avais entendu tellement de bien que je m'attendais à retrouver l'auteur qui m'a un jour vraiment charmée. Il est néanmoins plus réussi que ses derniers livres. 

Publié chez Stock en janvier 2016.

A conseiller aux quinquas en crise. 
Merci à Nathalie, qui me l'a prêté.


dimanche 13 mars 2016

Et si on écoutait le polar de l'été dernier?

Ce roman policier a connu un vrai succès et pourtant, avant de l'écouter, je ne savais du tout de quoi il était question. Vous pouvez décider de lire le court résumé qui suit ou mieux, passer au paragraphe suivant afin de tout découvrir par vous-même. Rachel est une jeune femme qui fait le même trajet en train tous les matins.Et tous les matins, elle surveille une maison en particulier, près de laquelle le train fait un arrêt. En regardant le couple qui y vit, elle idéalise une vie qui lui a été enlevée. 

Ce polar est typiquement le genre de livres que je préfère écouter que lire. L'écriture n'a rien de particulier et l'auteur nous mène sur de nombreuses fausses pistes avant de nous livrer la clé. Je ne vais pas dire qu'on s'attache aux personnages, on reste assez extérieur à ce qui se passe dans leurs vies mais on a tout de même envie de continuer à suivre le récit des trois voix qui composent ce roman policier: Rachel, Megan, celle qu'elle idéalisait et Anna qui est la nouvelle compagne du mari de Rachel. C'est un polar assez classique, avec moults rebondissements, dont l'intérêt est ce récit à trois voix et dont la facilité est sans doute l'utilisation de périodes temporelles différentes qui donnent des pistes. C'est effectivement le roman policier idéal pour l'été, de ceux que je ne lirais pas mais que je peux écouter sans déplaisir. La livrophile a quelques bémols. 

Merci à Audiolib
A conseiller à ceux qui veulent un polar détente, pas trop noir. 

audiolib

jeudi 10 mars 2016

Et si on visitait le Palais Garnier ?

Je ne savais pas qu'on pouvait assister à une visite guidée du Palais Garnier avant qu'on ne me concocte une journée parisienne qui comportait cette visite que je ne peux que vous recommander, pour le plafond peint par Chagall bien sûr dont on vous expliquera tous les détails, pour le plaisir de voir les repérages pour un spectacle sur cette immense scène, pour la salle avec ses peintures représentant les muses (ma préférée étant ici celle de la danse que vous voyez plus bas), entre autre car cette salle est très chargée, ce qui est loin de m'avoir déplu. Et jusqu'au 15 juin, vous pourrez découvrir l'expo sur les costumes qui vaut le coup d'oeil. 





A conseiller à tous ceux qui aiment l'art. 
Merci à Marjorie pour cette visite et pour m'avoir concocté une journée parisienne sans fausses notes. 

mardi 8 mars 2016

La grande course de Flanagan de Tom Mc Nab

Tout coureur, quelles que fussent ses aptitudes, émettait une affirmation personnelle, à chaque fois qu'il courait. Me voici, disait-il. Voici ce que je fais. Je cours. C'est ce qui me rend différent. 

 J'aime beaucoup cette phrase parce qu'au contraire, moi, j'ai eu l'impression que de commencer à courir gommait une différence avec des gens que j'aimais.
 J'ai entendu parler de ce roman il y a un an tout au plus. Comme la blogosphère regorge de coureuses, elles étaient nombreuses à l'avoir lu ou à le découvrir et les avis étaient unanimes. Oui mais voilà, moi, je ne courais pas encore et donc, je pensais bêtement qu'il n'était pas fait pour moi. Entre temps, j'ai acheté deux paires de chaussures de running, un haut, deux bas (dont un bas style legging, je ne sais pas si je me suis tout à fait remise de cet achat) et je me suis dit qu'il était temps de lire ce roman. 

 Elles l'ont toutes dit avant moi, les amoureuses de ce roman, et vous pouvez les croire, nul besoin de courir pour apprécier cette épopée à travers les Etats-Unis. Nul besoin d'aimer les Etats-Unis non plus parce que vous suivrez le parcours d'un mexicain qui court pour sauver son village, d'un Lord anglais, d'un écossais qui n'avait plus d'emploi. Il faudra juste que vous croyez un peu en la nature humaine parce que tous ces coureurs vont s'entraider et vivre cette course de 5000 kilomètres comme un seul homme ou presque. On transpire, on souffre avec eux mais surtout on s'y attache. C'est un peu ce qu'on appelle un roman "feel good" je suppose mais il n'est pas que ça. C'est aussi une chronique sociale des années trente. Pour un premier roman, c'est une réussite. Et puis franchement, ce moment où Doc récite par coeur  Huckleberry Finn dans des moments de solidarité incroyable avec Hugh, le coureur écossais, c'est un grand moment. L'invention du mp3 vivant en quelque sorte. Il faut penser que ce roman nous plonge dans une époque on l'on n'avait pas encore inscrit au règlement l'interdiction de prendre des substances dopantes. J'ai assez nettement préféré le début et la fin au milieu, parce que les moments où les participants font des activités annexes pour gagner l'argent nécessaire au déroulement de la course n'est sans doute pas ce que j'attends du sport.
 Ce roman fut inspiré par le Derby Bunion qui en 1928 suivit le même itinéraire. L'auteur, ancien athlète et coach sportif, fut conseiller sur le film Les chariots de feu
A sauts et à gambades dit de ce roman que c'est la version optimiste des Raisins de la colère et j'aime beaucoup cette idée. Le billet de Sandrine m'avait tentée. 

Publié en 1981 aux Etats-Unis. 

A conseiller à tous si vous avez un peu de temps (il fait plus de 600 pages).
Merci à Galéa pour ce très beau cadeau d'anniversaire (et lisez ce qu'elle écrivait de ce roman). 

Quand sort la recluse de Fred Vargas

Lorsque plusieurs personnes âgées sont retrouvées mortes après avoir été piquées par des recluses, tous les sens d'Adamsberg sont en ...