jeudi 22 juin 2017

Je dansais de Carole Zalberg

Tu es ma terre neuve et exaltante, entends-tu? Je te parcours , je relève et dessine tes reliefs, ta cartographie. Tout est familier, tout est inconnu, changeant, merveilleux. Je suis heureux dans mes moments que j'appelle mes explorations, et ta passivité, je crois, n'est pas aussi hostile qu'à l'accoutumée. 

Parfois, on achète un roman parce que le précédent roman de l'auteure nous avait plu. On ne lit pas trop les billets dessus pour ne rien déflorer, on voit juste que ce roman plait beaucoup et ça suffit. Puis on entre dans une librairie d'Orléans, Les Temps Modernes pour les citer, et on trouve la libraire tellement sympa (il faut dire qu'on est très bien accompagnée aussi) qu'on se dit que c'est là qu'on va l'acheter, le dernier Zalberg. Et une fois bien rentrée en Normandie, comme il fait chaud et qu'on n'est plus vraiment habituée à travailler intensément depuis un mois et demi, on fait des pauses sur le transat, histoire de se détendre entre deux séances de préparation de rentrée. Enfin, ça, c'est ce qu'on croit!

Parce que bien évidemment, pour se détendre, il y a mieux qu'un roman qui alterne les voix d'un homme qui séquestre une jeune ado et la viole, de sa victime et du chœur des jeunes filles qu'on viole et maltraite à travers le monde. Je pourrais vous dire que c'est un beau roman mais qu'il n'est pas pour moi. Alors, ça, c'est sûr, il n'est pas pour moi, je vais être violente mais je l'ai détesté, ce roman, j'ai détesté qu'on transforme la voix de cet homme en belles phrases décrivant l’innommable. Cette phrase citée plus haut, belle si elle est décrite par un amant devient terrible dans les mots d'un violeur. C'était à la limite de ce que je pouvais supporter. Pourtant, j'ai fini par lâcher ce roman pour une autre raison, j'ai trouvé que finalement, c'était creux, que ça tournait en rond. Bref, j'ai fini par m'ennuyer, ce qui est un comble vu ce que je ressentais au début. Je sauverais une scène, celle de la robe à l'école qui symbolise bien le problème des robes en général. Eh oui, nous les filles, si on ne veut pas être embêtée, nous n'avons qu'à mettre des pantalons, c'est tellement évident! 

Ne voyez pas dans ce billet une rancœur contre vous, lecteurs, qui l'avez aimé, ni contre l'auteure et son talent que je ne remets nullement en cause (Feu pour feu m'avait ravie, malgré la dureté du thème). Je ne suis pas une petite nature et la beauté de l'art est de ne pas laisser insensible. Je ne l'ai pas été. 

Publié en févier 2017 chez Grasset. 150 pages que je ne suis pas parvenue à finir.

Un livre que je ne saurais conseiller à quiconque et que je me garderais bien d'offrir. 


mardi 20 juin 2017

L'exposition Rodin au Grand Palais

La sculpture me touche davantage que la peinture, même si j'aime les deux formes d'art, et j'aime particulièrement Rodin. J'ai d'ailleurs très envie de visiter à nouveau le musée Rodin dans lequel je n'ai pas mis les pieds depuis un moment. J'ai plutôt profité de l'exposition en me disant que retournerai au musée plus tard et je vous la conseille. Vous y redécouvrirez des classiques de Rodin, mais aussi des œuvres moins connues et des sculptures plus ou moins librement inspirées de Rodin.


Femmes damnées (une oeuvre que je ne connaissais pas)
Le célèbre Penseur



Je l'aime sous toutes ses coutures, ce Baiser et mais c'est ce dos masculin qui a ma préférence! 
Large monument de Barry Flanagan



Du 22 mars au 31 juillet au Grand Palais. 13 €.

dimanche 18 juin 2017

La liseuse de Paul Fournel


L'artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu'un, divin lorsqu'on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets (...) Rien ne presse dans l'artichaut, on peut sucer une feuille pendant plusieurs minutes jusqu'à l'amertume, on peut au contraire, racler des incisives la chair de plusieurs feuilles à la suite pour se donner une bouchée consistante. 

Robert Dubois est éditeur dans une petite maison d'édition qui peine à survivre. Lorsque sa stagiaire lui met une liseuse entre les mains, Robert découvre une autre façon de lire. 

Ce roman n'est pas seulement un roman sur les liseuses, loin de là. C'est un roman sur le monde de l'édition et sur la vie d'un éditeur, que Paul Fournel connaît bien puisqu'il fut, dans l'une de ses nombreuses vies, éditeur. Nous suivons l'éditeur dans ses nombreux rôles, de la découverte des manuscrits à l'accompagnement des écrivains en rencontre, en passant par la défense de tel ou tel livre en comité et par le départ d'écrivains pour une autre maison d'édition. Et puis, ce qui me plait beaucoup dans ce roman, c'est aussi le rapport à la nourriture et on sent le parallèle entre les deux domaines, le restaurant traditionnel étant d'ailleurs racheté et donc appelé à disparaître pour devenir un restaurant de sushis. Il est difficile de ne pas aimer ce livre quand on est un lecteur compulsif et/ou intéressé par le monde de l'édition, celui qui se développe à petite échelle. Il y a là la plus belle page que je connaisse consacrée à l'artichaut, un légume que je n'aime pas mais qui me renvoie immanquablement à ma mère. J'aime beaucoup la couverture Folio. La contrainte oulipienne du roman fut d'épouser la forme d'une sextine, forme poétique inventée au XIIe siècle. 

La sextine est une forme poétique, composée de six sizains, dont les mots en fin de vers restent les mêmes, mais répartis selon un ordre différent : mathématiquement parlant, il s'agit d'une permutation d'ordre 6. La première sextine est l'œuvre du troubadour Arnaut Daniel au XII e siècle.

192 pages. Publié en Folio en juin 2013. 

A conseiller aux amoureux des livres. 

jeudi 15 juin 2017

Les petites reines de Clémentine Beauvais

Il est des concours qu'on préfère ne pas gagner, celui de boudins du collège de Bourg-en-Bresse en fait partie. Pourtant c'est ce concours qui va sceller l'amitié des trois lauréates. Elles vont se rapprocher et décider se rendre à l'Elysée pour le 14 juillet, afin de s'opposer à la décoration de celui qui est à l'origine de l'opération qui a décimé tout le bataillon du frère d'Hakima et l'a laissé handicapé. Mireille en profite pour tomber amoureuse du jeune homme. 

Je ne chronique plus de romans jeunesse depuis bien longtemps mais j'avais très envie de découvrir cette auteure dont j'entends beaucoup parler et je ne regrette pas. Je ne suis pas sûre que j'aurais pris autant de plaisir en lisant la version papier car la lecture de Rachel Arditi donne un vrai plus à cette lecture. Elle rend les jeunes filles vivantes et rend parfaitement l'humour de l'auteure. Car j'ai beaucoup ri en ayant parfois que l'ensemble n'était pas politiquement correct puisque Clémentine Beauvais semble tourner en dérision le harcèlement. Pourtant, elle met bien le doigt là où ça fait mal. Les relations mère/ fille sont drôles mais là encore, la douleur de Mireille qui n'a pas été reconnue par son père est bien présente. Bref, je ne résisterai pas à un nouveau roman de Clémentine Beauvais lu par Rachel Arditi, c'est certain. 

Ce roman fait partie de la toute nouvelle collection d'Audiolib destinée aux ados et je trouve que c'est une excellente initiative. 

Prix Sorcières • Prix Lire - Meilleur livre jeunesse- Prix NRP de Littérature jeunesse • Prix Millepages

Sortie le 22 mars 2017- 6h15. 

Merci à Audiolib
A conseiller aux ados pour commencer les lectures audio (ou à partager dans la voiture en allant au collège/ lycée).


mardi 13 juin 2017

Markos and Markos de Tigran

J'adore ce morceau, je voulais le partager avec vous:



Merci à Dominique de m'avoir fait découvrir cet artiste. 

dimanche 11 juin 2017

Les mystères d'Averbury de Robert Goddard

En 1981, David Umber a rendez-vous à Avebury: il espère enfin voir une édition spéciale de l'oeuvre de Junuis qui le passionne. Mais celui qui l'a contacté, un dénommé Griffin, ne viendra jamais et à la place, David se retrouve témoin d'un kidnapping et du décès de la sœur de la kidnappée qui tente de poursuivre la voiture. Cet événement bouleverse sa vie. Des années plus tard, l'inspecteur à la retraite qui ne s'est jamais remis de l'échec de cette affaire vient le retrouver à Prague et lui demande de le suivre en Angleterre pour reprendre l'affaire. 

J'ai aimé tous les romans de Robert Goddard que j'ai lus mais je pense que celui-ci est mon préféré. Il possède sans doute davantage que les autres les ingrédients d'un polar, sans temps mort. Robert Goddard a souvent l'habitude de distiller une ambiance et de prendre son temps pour le faire, c'est moins le cas ici. Ce qui importe, c'est davantage le traitement des personnages qui sont des incontournables du genre: le flic, le personnage souvent manipulé qui est au centre de l'intrigue, la victime, la femme fatale... ainsi que les retournements de situation qui sont toujours crédibles. 

Traduit par Maxime Berrée. Publié en mai 2017 chez Sonatine. 480 pages. 

A recommander aux amateurs de polars (je le précise car on peut aimer cet auteur sans pour autant aimer ce genre d'habitude).
Merci à Babelio

jeudi 8 juin 2017

Notre désir est sans remède de Mathieu Larnaudie

Elle naît à une époque où l'on meurt; où dans la mémoire des hommes, les dates se confondent avec les carnages qu'elles marquent; où de l'autre côté du monde, en même temps que les abus s'abattent, retournent la terre et les êtres qui y traînent leur barda, s'y planquent, y courent en tous sens comme des cafards, une ancienne civilisation se retourne et s'enterre elle-même. 

Frances Palmer devient une actrice hollywoodienne à la fin des années 30. Sa mère, admiratrice des actrices américaines comme Joan Crawford, se réjouit de ce succès. Mais Frances ne rentre dans aucun moule: communiste ou anarchiste, on ne le sait pas vraiment, féministe et athée, elle boit et se drogue et finit par frapper un policier qui l'arrête. C'est le début d'un parcours difficile qu'elle ne fut pas la seule suivre à suivre, celui des personnes internées contre leur gré. 

J'aime la manière dont Mathieu Larnaudie nous fait entrer dans l'univers de Frances Palmer, d'Hollywood mais aussi de ces centres dans lesquels on retenait prisonniers des individus dont le seul défaut était de ne pas rentrer dans le moule. A travers sept moments clés de la vie de l'actrice, étayés par des photos ou une vidéo qu'il décrit, l'auteur nous donne l'impression d'entrer par une fenêtre et de découvrir ce qui se trame. C'est parfois fort, même s'il n'y aucun pathos mais au contraire, une certaine distance. Néanmoins les passages concernant la façon dont les femmes internées étaient vendues aux soldats par des gardiens ne peuvent pas laisser indifférent. Notre désir est sans remède est à la fois un beau portrait de femme forte et le portrait d'une société qui ne pouvait accepter ceux qui déviaient de la norme (mais les temps ont-ils vraiment changé?). La plume de l'auteur est à l'image de sa rhétorique, extrêmement agréable. C'est autant un plaisir de le lire que de l'écouter. Mathieu Larnaudie était présent au festival Epoque de Caen et est intervenu, au côté de Marie Le Gall et de la passionnante psychiatre du CHU de Caen, Perrine Brazo, dans un débat qui portait autant sur l'évolution du traitement de la "folie" que sur le féminisme. Et écouter un homme défendre passionnément le droit des femmes à "être", quelque que soit cette manière d'être est déjà un plaisir. 

Publié en août 2015 chez Actes Sud.  228 pages. 

A conseiller à ceux qui aiment à la fois les portraits de femmes fortes et les tableaux sociétaux. 
Merci à ce roman qui m'a sortie d'une situation un peu délicate. Et merci ç celui ou celle qui a trouvé ce si beau titre. 

mardi 6 juin 2017

Les fantômes d'Ismaël d'Arnaud Despleschin

Ismaël est un scénariste qui prépare un film sur l'histoire de son frère diplomate. C'est pendant l'écriture du scénario que sa femme Carlotta, disparue vingt ans auparavant refait surface. Après des années de souffrance, Ismaël venait de retrouver un certain équilibre auprès de Sylvia. 

Alors me demanderez-vous, il est comment ce nouveau Desplechin? A mon avis, très semblable aux autres Desplechin, la misanthropie en moins. Si vous aimez le cinéma de ce réalisateur, il y a de fortes chances pour que vous aimiez mais vous risquez peut-être d'être étonné par cet amour et ce besoin de l'autre que l'on ressent.  J'ai beaucoup aimé le jeu et le rôle de Charlotte Gainsbourg, cette femme qui a remis Ismaël sur pied grâce à son amour et à son équilibre et qui se retrouve face au fantôme du passé. J'ai comme souvent eu du mal avec le jeu de Marion Cotillard qui évidemment, n'a pas le beau rôle. Le scénario passe du touchant au farfelu et à l'ennui et l’enchevêtrement du scénario d'Ismaël avec sa vie m'a laissée dubitative même si on sent le thème commun du doute sur l'identité et la duplicité de l'autre. Heureusement, le personnage de l'espion est joué par Louis Garrel à qui on demande pour une fois de ne pas jouer sur la carte du beau gosse. 

A voir donc pour vous faire une idée (vous allez me dire, en voilà un billet qui ne sert pas à grand chose), moi je ne suis pas emballée.

Sorti le 17 mai 2017- 1h54


dimanche 4 juin 2017

Ma part de gaulois de Magyd Cherfi lu par l'auteur

Magyd Cherfi grandit dans une cité toulousaine où il ne fait pas bon passer son temps dans les livres. Pourtant rien n'y fait, c'est là qu'il se sent bien. Premier lauréat du baccalauréat de cette cité, il subit les moqueries face à son plaisir d'apprendre. Mais Magyd ne se laisse pas détourner de la culture française. 

Ce livre est un ode à la culture mais aussi à la France et à ce que ce pays a pu lui apporter. Pour autant, Magyd Cherfi ne fait pas preuve d'idéalisme et égratigne ce système scolaire qui met les siens dans un carcan. L'ensemble est enlevé, souvent drôle, parfois touchant. J'ai parfois ri aux éclats, ce qui ne m'arrive pas si souvent. J'ai aimé l'accent toulousain de l'auteur et la lecture qu'il en fait et je n'aurais sans doute pas autant apprécié ce livre en version papier. 

Pour moi, ce livre est une déclaration d'amour plutôt courageuse envers son pays d'accueil. 

Lu dans le cadre du prix Audiolib 2017. Parution: avril 2017- durée: 06h14.

A conseiller à ceux qui aiment varier les accents. 
Merci à Audiolib. 


jeudi 1 juin 2017

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut

Mon petit, dans la vie, il y a deux catégories de personnes qu'il faut éviter à tout prix. Les végétariens et les cyclistes professionnels. Le premier parce qu'un homme qui refuse de manger une entrecôte a certainement dû être cannibale dans une autre vie. Et les seconds parce qu'un homme chapeauté d'un suppositoire qui moule grossièrement des bourses dans un collant fluorescent n'a certainement plus toute sa tête. 

Le narrateur est un petit garçon qui s'émerveille de la vie mais s'ennuie à l'école, et pour cause, ses parents font de leur vie un roman déjanté, dans lequel la femme change de prénom toutes les semaines et l'homme est à la fois le mari et le grand-père. L'enfant vit souvent la nuit, moment propice aux discussions avec les adultes les plus passionnés et bien sûr, ne peut se lever le matin. Vous l'aurez compris, dans cette famille, on ne respecte aucun code, sauf celui d'être heureux.

Raconté comme ça, tout semble rose et bien évidemment, la vie n'est jamais aussi rose. Si cette famille ne respecte pas les règles, c'est parce que l'un de ses membres est tout simplement incapable de les respecter pour des raisons qu'il ne maîtrise pas. La loufoquerie tourne donc au tragique. Je suis toujours étonnée de voir comment un thème qui peut vous rebuter pendant très longtemps, ici la folie si tant est que ce mot désigne réellement quoique ce soit, cesse soudain de vous rebuter. J'ai aimé les différents tons de ce roman, j'en ai aussi aimé les personnages pour lesquels il me semble difficile de ne pas ressentir de la sympathie. J'ai éprouvé une légère lassitude sur la fin mais c'est néanmoins une lecture que je recommande. 

Publié en janvier 2016 chez Finitudes, désormais en Folio. 

Merci à Valentyne qui m'a offert ce roman. 
A recommander à celles qui rêvent que la vie soit un roman.


mardi 30 mai 2017

L'amant double de François Ozon

Chloé a mal au ventre mais sa gynécologue ne voit rien; elle pense donc que c'est dans sa tête que ça se passe. Elle décide d'aller consulter un psychiatre et se sent vite mieux. Et pour cause, elle fait un transfert (en même temps, difficile de ne pas transférer quand on choisit un psy qui a la tête de Jérémie Rénier). Ce qui est plus surprenant, c'est que Paul, le psychiatre, décide de cesser la thérapie car il commence à éprouver des sentiments pour sa patiente. Ils s'aiment donc et finissent par emménager ensemble et c'est là que l'ensemble se craquelle. 
Je ne vais pas m'étaler sur l'intrigue de ce film mais sachez que tout est plus profond et compliqué que ce résumé du début de film. Je n'ai pas toujours été une adepte de François Ozon mais Franz m'avait beaucoup plu et je suis encore plus emballée par ce film-ci. J'apprécie que le réalisateur nous embarque dans un univers très différent à chaque film. Après la quasi chasteté de Franz qui était en noir et blanc, Ozon nous mène ici dans un univers fantasmatique violent, comme l'est sans doute une psychothérapie. Et là où Franz jouait déjà sur différents niveaux (l'amitié masculine notamment y était perçue différemment selon les spectateurs), Ozon creuse encore le sujet, le spectateur n'est jamais là où il croit être. Il y a bien un moment où on tique, en se disant "Mais, c'est bizarre quand-même" mais sans comprendre. Bref, laissez-vous aller. Il est évident que ce film cru choquera d'abord par sa première scène que j'aurais détestée il y a quelques années mais que je trouve très bien filmée (par contre, quand je la raconte en mangeant, je rencontre toujours des mines dégoûtées), puis par la violence de certaines scènes sexuelles mais il me semble que tout s'explique. En tout cas, mon côté féministe prononcé ne s'en est pas offusqué. Les acteurs sont très bons et Jérémie Rénier excelle vraiment dans ce double rôle. 

Sortie en salle: le 26 mai 2017. 1h47


A déconseiller avant sa première séance de psychothérapie peut-être.
                                                                 

dimanche 28 mai 2017

The Girls d'Emma Cline

La mort accordait une importance exagérée aux choses les plus insignifiantes, sa lumière trouble transformait tout en indices. 

Evie Boyd, quatorze ans, s'ennuie ferme pendant ses vacances. Sa relation amicale avec une autre jeune ado ne la satisfait plus et elle a envie qu'un événement vienne enfin bouleverser sa vie. C'est alors qu'elle croise une jeune fille qui attire son regard, Suzanne. Evie comprend très vite que Suzanne, qui est plus âgée qu'elle, vit en marge de la société, dans un groupe qui ressemble à un groupe hippy. Nous sommes à la fin des années 60, ils ne sont pas les seuls. La différence ici, c'est sans doute la fascination que semblent éprouver toutes ces filles pour l'homme qui les tient sous sa coupe, Russell. Ce n'est pas sous la coupe de Russell que tombe Evie mais sous celle de Suzanne. Plus le temps passe, plus elle sent qu'elle se brûle les ailes mais elle vit enfin.

On a beaucoup parlé de ce roman avant sa sortie parce qu'Emma Cline, qui signe ici son premier roman, a touché un à-valoir très important chez son éditeur américain et les droits de ce roman ont déjà été achetés par un producteur. L'éditrice des éditions Quai Voltaire avoue que sa première offre ayant été jugée insuffisante, elle a dû enchérir pour obtenir Emma Cline chez elle. Mais me direz-vous, ce roman vaut-il tout cet argent? Ce n'est certainement pas à moi de le dire mais c'est un premier roman réussi, à n'en pas douter, dont l'intérêt est de rendre clairement compte du processus qui mène une jeune fille ordinaire à passer dans le camp d'assassins (je ne dévoile pas grand chose, à moins que vous ne connaissiez pas l'histoire de Charles Manson et de Sharon Tate, ce dont je doute tout de même). Ce n'est pas l'acte final qui importe ici, c'est tout ce qui précède et on comprend très bien comment tout ce petit monde en arrive là. Le roman est tout de même assez différent de ce que je connais de l'histoire des meurtres de Charles Manson, qui fut condamné pour des meurtres qu'il avait commandités mais pas perpétués, car Emma Cline a le bon goût d'éviter toute référence au satanisme. 

Lu par Rachel Arditi, une lectrice qui décidément, me plait beaucoup. Durée: 9h20. 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017



vendredi 26 mai 2017

Une présence idéale d'Eduardo Berti

Avant qu'Eduardo Berti ne fasse une résidence au CHU de Rouen dans le cadre du festival Terres de Paroles, je n'avais jamais entendu parlé de lui. Mais il est un peu devenu le chouchou de ce festival auquel il participait cette année pour la troisième fois. Et on le comprend aisément en la rencontrant: Eduardo Berti est la gentillesse et l'humilité incarnées. Il est sans doute aussi doué d'une profonde empathie puisqu'à la lecture de son nouveau roman, le premier écrit en français, j'ai été particulièrement touchée par les situations décrites. Et pourtant, l'idée de suivre une cinquantaine de témoignages différents, dont il faut préciser que ce sont des témoignages romancés car le livre est bien un roman, ne m'enchantait guère. Ce sont toutes ces voix qui vont de la lectrice de l'hôpital au seul infirmier, en passant par la secrétaire médicale, qui donnent une âme au service de soins palliatifs du CHU. On perçoit à la fois la dureté du travail mais aussi les conditions particulières qui font que les infirmières ont beaucoup plus de temps à consacrer à chaque patient. Je pense que même si, comme moi, vous n'êtes pas particulièrement friand des romans hospitaliers, celui-ci vous touchera car c'est aussi, à mon avis, un livre sur l'humanité, porteur d'un optimisme qui fait du bien: l'homme n'est pas toujours un loup pour l'homme. Chacun y trouvera une histoire qui le touchera particulièrement, une histoire d'amour peut-être ou au contraire, celle d'une mère qui refuse jusqu'au dernier moment de revoir son fils. 
Il n'est pas certain qu'Eduardo écrive à nouveau en français puisqu'il explique que cette fois, les témoignages recueillis lors de sa résidence étaient en français et qu'il lui est apparu vite artificiel de les traduire, mais il pourrait tout à fait le faire: sa langue est simple mais pas simpliste et agréable à lire. Si vous avez l'occasion d'entendre Eduardo parler de son roman, je vous conseille d'y aller, il parle très bien de son expérience dans le service palliatif et on sent que cela l'a profondément marqué. 

Publié en mars 2017 chez Flammarion- 176 pages. 

Merci au Festival Terres de Paroles de m'avoir fait découvrir cet auteur mais aussi cet homme.
A conseiller à tous, vraiment. 


mercredi 24 mai 2017

Get out de Jordan Peele (thriller)

Chris est invité pour la première fois dans la famille de sa petite amie Rose qui lui apprend qu'elle n'a pas mentionné la couleur de Chris à ses parents puisqu'elle en est persuadée, ses parents ne sont pas racistes. Il découvre une immense propriété et rencontre la famille (le père fan d'Obama, la mère hypnotiseuse et le fils fan d'arts martiaux) et les domestiques, tous noirs et étranges. Lors de la grande cérémonie annuelle donnée par les parents, il rencontre aussi le seul autre invité noir-américain, aussi étrange que les domestiques et qu'il a l'impression d'avoir déjà vu. 
Le problème de ce genre de film qui joue avec les nerfs, c'est que je ne me laisse certainement pas suffisamment aller et que je n'entre donc pas dans le film. Je ne vis pas l'angoisse des autres spectateurs. Par contre, je savoure le spectacle dans la salle et cette fois, particulièrement celui de ma fille (16 ans) qui a fermé les yeux pendant une partie du film et a même tellement sursauté à un moment qu'elle a fini dans mes bras (au sens littéral du mot). C'est sans doute une réussite dans le genre malgré tout. Mon fils de 20 ans a adoré.

A conseiller aux amateurs de thrillers psychologiques.
Merci à N. qui me l'avait chaudement conseillé. 



Sortie : le 3 mai 2017- 1h44


lundi 22 mai 2017

Opération Napoléon d'Arnaldur Indridason

En 1945, un bombardier allemand s'écrase sur un glacier européen, avec à son bord, des officiers allemands et américains. L'un d'entre eux disparaît, menotté à une valisette. Les américains tentent de faire disparaître l'opération mais avec la fonte des glaciers, la carcasse réapparaît et l'armée américaine tente immédiatement de la faire disparaître en secret. Deux jeunes randonneurs, présents sur les lieux, disparaissent. Mais l'un d'eux a le temps de contacter sa sœur qui se lance sur les traces de son frère.  

Soyons honnête, Indridason sans Erlendur, c'est comme du café sans sucre ou un matin sans voir le lever du soleil, le goût est plus fade. Et depuis qu'il fait de la seconde guerre mondiale le centre de ses romans, je n'apprécie plus autant ce que je lis, tout simplement parce qu'il y manque la poésie de l'auteur, très présente par exemple dans Etranges Rivages. J'ai d'ailleurs décidé de ne plus lire les livres qui ne mettent pas en scène Erlendur, qu'il soit en début de carrière puisque l'auteur a dernièrement choisi de se pencher sur cette période du personnage ou après Etranges Rivages qui finissait sur un doute pour le lecteur. Thierry Janssen est comme toujours un bon lecteur. Lu dans le cadre du prix Audiolib.

A conseiller à ceux qui ne sont pas des amateurs purs et durs d'Erlendur.
Merci à Audiolib. 



Date de parution : 
22 Mars 2017
Durée : 
10h08


jeudi 18 mai 2017

La femme nue d'Elena Stancanelli

Se séparer ne signifie pas redevenir ce qu'on était avant de connaître la personne dont on se sépare. Plût au ciel que ce soit aussi simple. On ne devient jamais ce qu'on a déjà été. 

Anna est amoureuse de Davide qui la trompe régulièrement. Mais lorsqu'elle découvre qu'il envoie des mots d'amours à l'une de ses maîtresses, elle le prend très mal et décide de pirater le compte Facebook de Davide et même de le suivre à la trace grâce à son portable. Elle sent bien qu'elle perd pied mais ne parvient pas arrêter de suivre cette pente glissante. Elle ne dort plus et passe du 44 au 40. Et surtout, elle décide de rencontrer la maîtresse de Davide sans lui dire qui elle est. 

Ce roman est l'histoire presque banale d'une rupture du temps d'internet, de la difficulté de vivre une séparation non choisie avec  les réseaux sociaux et tous les moyens de suivre quelqu'un sur la toile, poussé ici à son paroxysme. Elle doute d'ailleurs, se demande si elle sombrerait moins dans sa folie sans internet. Il est à la fois difficile de ne pas être touchée par Elena et d'éprouver une réelle sympathie pour elle. Peut-être est-ce le problème de ce roman, aucun personnage n'est vraiment sympathique. Je suis persuadée d'oublier très vite cette lecture et je n'y ai pas pris de plaisir particulier. Sans doute que ce roman touche davantage quand on est soi-même au cœur d'une séparation. Il y a par contre un passage assez savoureux sur la différence entre les blondes à frange et les brunes à frange.

Publié le 10 mai 2017 chez Stock.

Merci à la librairie Dialogues
A conseiller à celles (et j'en connais) qui ont déjà fouillé dans les mails de leur ancien petit ami (elles se sentiront moins seules). 


mardi 16 mai 2017

Désorientale de Négar Djavadi

Ce roman fut l'une des surprises de la rentrée, en tout cas pour moi qui suivais encore alors de près les ventes de livres. J'en lisais des critiques enthousiastes mais aussi, fréquemment, mitigées. Dans ce roman centré autour de la mémoire, nous suivons le destin d'une famille iranienne qui se voit vite contrainte d'émigrer en France car le père refuse d'obtempérer au régime en place. Les souvenirs ne sont pas chronologiques car c'est ainsi que fonctionne la mémoire, le lecteur effectue donc des va et vient entre l'Iran et la France, entre l'enfance de Kimiâ, puis son adolescence rebelle et enfin sa vie de femme. C'est un roman qui aborde avec délicatesse le thème évidemment central de l'exil mais aussi de l'homosexualité et de la procréation assistée (j'ai beaucoup apprécié la manière dont Négar Djavad l'aborde). Il faut accepter de se perdre parfois dans le temps mais c'est un beau voyage. Joëlle en avait fait un coup de cœur. Je suis moi aussi tombée sous le charme de ce beau voyage. C'est une écoute commune avec Sylire et Enna (liens à venir). 

Suivi d'un entretien avec l'auteure. 
Date de parution : 
22 Mars 2017
Durée : 
11h03

Lu dans le cadre du prix Audiolib 2017. 
Merci à Audiolib.
C'est la première participation de ce blog au challenge de Sylire

A conseiller à de nombreuses femmes qui retrouveront un fragment d'elles à divers endroits. 


 

dimanche 14 mai 2017

Life de Daniel Espinosa (film)

A bord de la station spatiale, six astronautes découvrent la première preuve de vie extra-terrestre sur Mars sous une forme qu'on imagine peu pourvue d'intelligence et qui va pourtant démontrer qu'elle sait parfaitement utiliser les humains qu'elle a sous la main pour pomper l'eau et l'oxygène qui lui est nécessaire pour se développer. Très vite commence donc entre les astronautes et la "bête" une lutte dont on sent qu'elle est totalement déséquilibrée. 

Je ne suis pas du tout amatrice de ce genre de films a priori. J'y suis allée pour faire plaisir à la personne qui m'accompagnait, parce que j'avais envie d'être avec elle plus que d'aller voir un film en particulier. Eh bien, il y a parfois du bon à se laisser guider car j'ai aimé ce film. Il est bien sûr bourré de clichés; on peut par exemple très vite deviner dans quel ordre les personnages vont disparaître ou en tout cas savoir qui seront les deux derniers. Mais ça a finalement aussi fait partie du plaisir, d'essayer de décoder. Les acteurs sont bons, le "monstre" assez bien fichu, bref, ceux qui aiment le genre devraient se régaler, les autres, comme moi, passer un bon moment, ce qui n'est déjà pas si mal. Et pour moi, j'avoue que le spectacle était aussi dans la salle, entre ma voisine de droite qui sursautait et mon voisin de gauche qui était penché en avant comme s'il montait une côte à vélo, c'était cocasse. 

Merci à la personne qui avait très envie de voir ce film (et a adoré).
A conseiller à ceux qui veulent passer un bon moment de détente. 


jeudi 11 mai 2017

Jeux de miroirs d'Eugen Chirovici

Peter est agent littéraire. Il reçoit un jour une lettre d'introduction d'un auteur qui souhaite lui faire lire son manuscrit, dont il lui envoie une première partie, la suite étant envoyée si l'agent trouve le manuscrit intéressant. Peter aime beaucoup le style de la lettre et lit les soixante-dix pages qui lui ont été envoyées. Il y est question d'un jeune étudiant qui tombe amoureux de sa colocataire et travaille pour un professeur que cette dernière lui a présenté et qu'on découvre assassiné. Quand Peter demande la suite du manuscrit, on lui apprend que l'auteur vient de mourir. Il ne baisse pas les bras pour autant et décide d'embaucher un journaliste pour découvrir si la fin du manuscrit existe et si ce n'est pas le cas, pour trouver les éléments qui permettraient de le finir. 

A la fin de son roman, l'auteur donne un certain nombre d'informations intéressantes sur son livre. Il explique d'abord qu'il l'avait envoyé à un éditeur tellement honnête que ce dernier lui a conseillé d'aller voir ailleurs, considérant qu'il était trop bon pour sa petite maison d'édition qui ne pourrait payer à l'auteur l'à-valoir que le roman méritait. Eugen Chirovici explique aussi que l'idée de son roman vient d'un souvenir qu'il a toujours considéré comme faisant partie de ce qu'il avait vécu, jusqu'à ce qu'on lui explique qu'il n'était pas présent à cet événement mais s'était persuadé du contraire à force d'en entendre les détails. L'un des thèmes principaux de ce roman est effectivement comment un même événement peut être vécu différemment par les uns et les autres puisque chacun ne voit qu'une partie de la réalité. Même si ce roman n'est pas étiqueté comme roman policier, nul doute pour moi qu'il en est un, avec son mort, sa femme fatale et ce jeune étudiant dont on ne sait s'il est naïf ou manipulateur. C'est classique (l'auteur dit d'ailleurs que ses influences le sont), sans doute un peu trop pour moi mais ça devrait plaire. C'est le premier livre de cet auteur roumain écrit en anglais, livre qui fut rejeté par six éditeurs américains mais accepté immédiatement par un éditeur britannique.  Je n'ai pas été emballée par la lecture qui m'a paru un peu plate. Un livre audio lu par Vincent Schmitt et traduit par Isabelle Maillet. Mars 2017. Durée: 7h
Merci à Audiolib. Lu dans le cadre du prix Audiolib 2017. 
A conseiller aux amateurs de puzzles.



mardi 9 mai 2017

Born to run de Bruce Springsteen

Le titre de ce livre fait référence au premier single de Bruce Springsteen, aucune référence à la course à pied donc. Le chanteur nous livre son parcours avec minutie, de son enfance dans la pauvreté du New Jersey à son ascension. S'il devînt célèbre assez jeune, il nous rappelle qu'il a commencé à réellement travailler pour le devenir quand il avait environ seize ans, et qu'il lui a donc fallu plusieurs années pour atteindre son but. 

J'ai trouvé le parcours de Springsteen assez intéressant. Rien de vraiment original dans son enfance dans le sens où nous avons déjà eu de nombreux témoignages d'enfance dans la pauvreté mais ce qui l'est, c'est tout de même l’opiniâtreté dont va faire preuve cet adolescent, puis ce jeune adulte, qui vit loin de l'industrie de la musique, afin d'atteindre son but, sa manière parfois d'écarter des amis parce qu'ils ne sont pas assez bons, bref son professionnalisme. Avant la lecture, j'avais tendance à trouver le chanteur sympathique. Après la lecture, mon avis est plus contrasté mais c'est souvent le cas quand je lis des autobiographies de personnes que j'aime bien (le pire souvenir pour moi restant celle de Simone Veil). J'ai aimé la première moitié, celle de l'ascension, un peu moins la seconde. Il m'a semblé qu'ensuite, le rythme s'essoufflait un peu. Il m'a fallu m'habituer au lecteur, Jacques Franz,  dans le rôle de Springsteen  mais j'ai fini par le faire, avec un bémol toutefois quand il lit des paroles de chansons en anglais. J'ai beaucoup aimé les références et le contexte musical de l'époque. Il décrit par exemple très bien ce que l'arrivée de Beatles et d'Elvis Presley a pu apporter aux jeunes américains de l'époque. 

A conseiller en premier lieu aux fans de musique. 
Merci à Audiolib. 

Lu dans le cadre du Prix Audiolib 2017. 
Date de parution : 22 Mars 2017


Durée : 
19h21

dimanche 7 mai 2017

Festival Terres de Paroles 2017 (clap de fin)

Il s'est fini dimanche ce beau festival et je vais vous l'avouer, il m'a tellement plu que j'ai eu un petit serrement au cœur à la fin de la dernière manifestation à laquelle j'ai assisté.  Je garderai de cette année trois grands temps forts. Il est possible que les pièces passent un jour près de chez vous, n'hésitez pas à y aller. 

- Bovary de Tiago Rodrigues, avec entre autres Jacques Bonnafé,  vu le 28 mars à Rouen. J'ai très envie de continuer à découvrir ce que fait ce directeur du théâtre de Lisbonne.
- La manifestation sur un texte d'Antoine Choplin avec Denis Bernet-Rollande qui a mis en scène et joué le spectacle, vu le 28 avril à Envermeu. Le repas qui a suivi, partagé avec l'auteur et le comédien a rendu  cette soirée encore plus belle. 

- Le véloulipo le 29 avril à Saint Aubin les Cauf. Sous la direction de Frédéric Forte, Paul Fournel
que j'ai toujours tant de plaisir à retrouver, Eduardo Berti, Jacques Jouet et Olivier Salon, cinq groupes de cyclistes ont fait travailler leur méninges tout en pédalant. Pendant que certains s'essayaient aux sonnets, nous avions la tâche de confectionner des haïkus. Eduardo Berti, notre chef de troupe,  avait eu la bonne idée de nous demander d'en faire quelques-uns en chaînes. Nous devions reprendre le dernier vers composé par l'un des nôtres. C'était drôle de voir tout le monde scander les pieds 5/7/5 sur les guidons. Drôle et presque émouvant. Voici l'un des nôtres, écrit donc par l'équipe rouge composée de Dominique, Antoine, Angélique, Grégory (que je remercie d'avoir rassemblé nos travaux), Pili, Béa et moi-même. Celui-ci, je l'ai commencé avec le "cul" d'Antoine, ce n'est certes pas correct de le dire mais c'est la pure vérité. 


Et si ton cul pleure 
Il est tellement content 
D'être enfin musclé

D'être enfin musclée
Oh rêve illusoire
Mais pédale, pédale, pédale!

Mais pédale, pédale
Pas à toi de décider
J'aime être à l'arrêt.

J'aime être à l'arrêt
Nez au vent, goûter l'air du temps, 
Me laisser porter

Me laisser porter
par la paume des vents de mer
Livre sans parole. 


Ce fut un très beau moment de partage et de voir, lors de la restitution finale, des enfants, des moins jeunes, des femmes mais aussi beaucoup d'hommes faisait chaud au cœur. Si mes co-équipiers passent par ici, qu'ils sachent à quel point j'ai aimé partager ce moment avec eux. Un autre membre rouge en avait parlé ici et là. 

Concentration maximale chez les rouges (photo d'Eduardo Berti) 
Un immense merci au festival Terres de Paroles, aux auteurs, acteurs et metteurs en scène et à mes partenaires de jeu, que ce soit sur un vélo, sur un coin de nappe proustienne ou dans la salle d'un spectacle. 
A conseiller à tous, sans modération. 





jeudi 4 mai 2017

Les inséparables de Stuart Nadler

"A part la mort, l'argent, Israël et la météo, on peut parler de tout, précisa Henrietta.
- Si ce sont les sujets que tu refuses d'aborder, les miens sont la pornographie, l'humiliation, les hommes et la technologie."

Henrietta est une veuve septuagénaire qui découvre que la girouette qui est un jour tombée du toit de sa maison vaut pas mal d'argent, dans un moment où elle en a justement besoin. Mais quand vient le moment de la vendre, elle ne la retrouve plus. Dans le même temps, le livre érotique qu'elle a publié et depuis, toujours tenté d'oublier ressort. Sa fille Oona est fraîchement séparée de son mari Spencer et entame une liaison avec son thérapeute. Quant à Lydia, la fille d'Oona, elle est mise à pied quelques jours pour une histoire de photo d'elle nue. 

Ce roman est donc l'histoire de trois générations de femmes qui se débattent dans des problèmes qui les dépassent, sauf peut-être pour Ooona qui semble penser qu'elle les a surmontés alors qu'elle va découvrir que ce n'est pas tout à fait le cas. C'est aussi un roman sur la difficulté inter-générationnelle à communiquer. Je pense que cela plaira à de nombreuses lectrices mais j'avoue que je m'y suis un peu ennuyée, d'autant que le style est assez plat. Quelques scènes entre le père et la fille sont néanmoins à sauver. 

Publié le 3 mai 2017 chez Albion Michel. 

Merci à Babelio. Je ne suis pas sûre de conseiller ce roman à qui que ce soit. Kathel est bien plus positive. 


mardi 2 mai 2017

Croire au merveilleux de Christrophe Ono-dit-Biot


La nuit, on tend les bras et il n'y a plus personne, plus rien.
Je ne peux pas la faire revenir, mes mots ne me servent à rien, or je n'ai que les mots alors je veux mourir. 
...
Ce n'était pas un couple qui faisait l'amour, non, c'était un véritable voyage au bout de l'orgasme. 



Dans Plonger, le précédent roman de Christophe Ono-dit-Biot, César est tombé follement amoureux, il a eu un enfant et il a perdu son grand amour. Le voici ici face à son deuil,incapable de s'occuper de son fils. Face à ses doutes aussi car il ne sait pas si Paz avait choisi de les quitter, son fils et lui ou si elle avait prévu de revenir. Et comment faire le deuil d'un amour quand on ne comprend pas?
Je n'ai commencé à aimer Christophe Ono-dit-Biot qu'avec Plonger. Mais là, je suis vraiment tombée sous le charme. Le charme a à nouveau opéré avec Croire au merveilleux. J'aime la subtilité, la délicatesse de cet auteur, j'aime son goût pour les langues mortes, moi qui pourtant ai arrêté le latin en troisième. J'aime qu'il parsème son roman de grec, de calligrammes, d'illustrations. J'aime qu'il accorde une si grande place à l'art. J'ai été très sensible à l'idée de la renaissance par le corps, par le fait de retrouver des sensations dans d'autres bras, par le besoin de se sentir à nouveau physiquement vivant. Sur une radio normande, Christophe Ono-dit-Biot expliquait qu'il y a des gens qui rendent la vie à d'autres. Un être de passage mais néanmoins essentiel. Moi qui n'ai jamais aimé Paz, cette magnifique brune mystérieuse que je considère peut-être trop comme un fantasme masculin, j'ai aimé Nana, cette grecque qui va raviver le désir de César. Et César me touche, énormément (et pas seulement parce qu'il ne sait cuisiner qu'une chose, les pâtes, qu'il prépare très bien). Sans doute dans ce roman encore plus que dans le précédent. J'ai donc à nouveau beaucoup aimé ce roman qui a même su me faire rire avec un seul bémol, la fin parce que ce genre de fin ne parvient jamais à m'emporter. Mais elle correspond très bien à l'esprit du roman. 

J'ai assisté il y a quelques jours à une rencontre Babelio entre l'auteur et ses lecteurs. La manière dont il défend la littérature, son aversion pour l'autofiction, sa passion pour la transmission m'ont autant conquise que sa plume. J'ai hâte de découvrir comment César, ce personnage fétiche qui apparaît dans de nombreux romans, va évoluer. Marjorie l'a aussi beaucoup aimé. Vous remarquerez que je ne suis pas la seule à être sous le charme de l'auteur, mon blog en perd sa typographie. 



Un grand merci à Babelio.
A conseiller aux amateurs de délicatesse. 
Publié chez Gallimard en mars 2017. Cette rencontre se déroulait dans les magnifiques locaux de la maison d'édition. 




dimanche 30 avril 2017

Moi, toi et elle est une série américaine de John Scott Shepherd sur le thème du trouple. Jack et Emma sont en couple depuis un moment. Ils n'ont pas d'enfants, ne semblent pas en désirer et sont toujours amoureux l'un de l'autre. Leur seul problème, c'est le sexe. Englués dans la monotonie, il n'y a plus aucune passion dans leurs ébats. Quand le frère de Jack lui dit qu'une soirée en compagnie d'une escort a remis sa vie sexuelle sur les bons rails, Jack décide de suivre son conseil et engage Izzy, s'assurant de prendre une escort qui ne propose pas de sexe. Pris de remords, il l'appelle pour annuler mais elle est déjà là et ils passent ensemble une soirée très agréable. De retour chez lui, il raconte la soirée à sa femme qui, intriguée et jalouse, appelle Izzy. Elle tombe sous son charme et la réciproque est vraie. Commence alors une histoire d'amour à trois.
Les deux premiers épisodes de cette série Netflix m'ont ravie. Je l'ai trouvée à la fois émouvante et sensuelle lors des scènes entre femmes, beaucoup plus sensuelles que lors des scènes hétéros et très drôle. Ma fille (qui en regardant l'affiche pensait que c'était une série sur deux femmes amoureuses d'un même homme, il faudrait qu'on m'explique comment on peut penser ça en regardant cette affiche) m'a avoué qu'elle ne m'avait pas entendu rire comme ça depuis bien longtemps. Et puis, le soufflet retombe jusqu'à l'avant-dernier épisode qui émeut. C'est vraiment dommage parce que les acteurs sont excellents: Greg Poehler, la belle Rachel Blanchard et Priscillia Faia. 
La première saison est composée de dix épisodes de 28 minutes. La seconde saison est en cours de diffusion aux Etats-Unis.


J'ai ensuite embrayé avec une série anglaise, Docteur Foster, qui met en scène une femme travaillant dans un cabinet médical moderne, dans lequel il manque un peu d'âme. Elle soupçonne son mari de lui cacher quelque chose, fait du chantage à une patiente pour qu'elle le suive et découvre non seulement qu'il la trompe avec une très jeune femme mais qu'en plus, une partie de son entourage est dans la confidence. C'est le début d'un jeu de chat et de souris entre le mari et la femme. Difficile de classer cette série de cinq épisodes de 60 minutes. Disons que c'est une sorte de thriller domestique et qu'on se demande quand Gemma Foster va enfin confronter son ignoble mari (et le jugement de valeur n'a rien à voir avec le fait qu'il trompe sa femme, ça va au delà de ça) et le mettre face à ses actes, puis jusqu'où elle va aller. J'ai aimé cette série parce que la femme trompée est loin d'être un personnage totalement sympathique et qu'il y a une vraie tension. Suzanne Jones, actrice de théâtre connue en Grande-Bretagne y est excellente et a gagné quatre récompenses pour ce rôle. Une deuxième saison est commandée. Diffusée sur BBC One en septembre 2015.


jeudi 27 avril 2017

L'expédition de Monica Kristensen

Knut Fjeld reçoit un appel au secours provenant d'une expédition norvégienne en difficulté. Un hélicoptère est envoyé pour les secourir, mais il ne rentre qu'avec un blessé, les autres membres de l'expédition refusant de renoncer à leur projet. Les chiens sont retrouvés morts et très vite, on comprend que le blessé a en fait été empoisonné. Knut reste sur place, même si cela ne plait pas du tout aux hommes qui composent encore l'expédition.

Ce polar écrit par une glaciologue est en fait un hommage aux grands explorateurs. Les membres de l'expédition sont tout le contraire d'explorateurs chevronnés, ils partent sur un coup de tête, suite à une idée lancée en l'air. Ils privilégient le contact avec les médias à l'organisation des détails. C'est grâce au contraste avec les expéditions de Robert Peary et aux lectures de certains membres de l'expédition que l'auteur rend hommage à ces explorateurs du passé, appuyant sur tous les moments difficiles, de la préparation à ... l'amputation! Car il faut le savoir, en lisant le chapitre de la gangrène, on a presque l'impression de sentir les odeurs en plus de visualiser la scène. C'est une scène très réaliste. Si ce que vous aimez d'un polar, c'est un suspense palpitant, alors il faut passer votre chemin. Moi-même, qui aime les ambiances plus que le suspense, je n'ai pas été totalement emballée mais j'ai aimé l'ambiance glaciale de ce roman. 

Publié chez Gaia polar en septembre 2016. 270 pages. 
Traduit du norvégien par Loup- Maëlle Besançon. 

Merci au prix des lectrices de Elle.
A conseiller aux amateurs de grand froid.