jeudi 10 août 2017

The book of disquiet/ Le livre de l'intranquillité de Fernando Pessoa

Life is what we make it. The traveller is the journey. What we see is not what we see but who we are. 

Il y a deux ans et demi, lors de mon séjour à Lisbonne, je visitai le musée de Fernando Pessoa, auteur dont je n'avais alors rien lu mais qui m'avait été chaudement recommandé par une amoureuse de Lisbonne et des écrivains portugais. Depuis, je cherchais ce livre partout et ce n'est qu'en prenant une valise pour aller à Rome que je l'ai retrouvé bien caché. C'était peut-être un signe. Il est donc resté dans ma valise et je l'ai ressorti pendant mon voyage. 
Ecrit sous l'un de ses nombreux hétéronymes (il en inventa 72), celui de Bernado Suares, ce livre est une suite d'aphorismes et de réflexions souvent presque philosophiques sur l'être, ses désirs et son essence. C'est profondément mélancolique et déprimant et sans doute totalement inadapté comme lecture de vacances, non parce que j'associe le concept avec du vide intellectuel (il n'en est rien) mais parce que j'avais peut-être le cœur trop léger pour apprécier la noirceur de ce livre et de ce personnage inventé par Pessoa. Bernardo Soares m'a profondément agacée avec ses airs supérieurs d'homme qui juge ce qui l'entoure, un homme incapable de ressentir une émotion de s'attacher et donc juste de vivre, un observateur froid qui ne cesse d'analyser. 
Ce livre posthume, considéré comme le chef d'oeuvre de Pessoa, fut publié en 1992. Pessoa ne connut d'ailleurs la renommée qu'après sa mort. La version que j'ai achetée n'est qu'un extrait d'une oeuvre bien plus grande, comme ne l'indique pas ma quatrième de couverture. Pessoa mourut en 1935 d'une cirrhose, laissant une oeuvre très variée composée par exemple de poèmes et d'essais écrits dans trois langues différentes, majoritairement en portugais et en anglais.

A conseiller un soir d'été normand bien pluvieux et déprimant. 
Merci Attila, je suis malgré tout contente d'avoir découvert cet auteur. 

10 commentaires:

  1. Crois-le ou non, il fut un temps où j'ai été jeune, et dans cette jeunesse, Pessoa faisait partie de mes auteurs préférés (avec d'autres auteurs tout aussi déprimants: Cioran, Beckett, Sartre et Camus, etc). Bref, j'aimais cette noirceur déprimante, ces questionnements existentiels à n'en plus finir... Heureusement, j'ai vieilli, suis beaucoup plus légère et sereine. J'ai arrêté de couper les cheveux en quatre. Pour moi, Pessoa correspond à une période close de ma vie à laquelle je ne reviendra pas! C'était ma tranche de vie inspiré par ton billet! En passant, la couverture est très inspirante...

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  2. Je le crois parfaitement, Marie-Claude et je suis sûre que ce temps n'est pas plus lointain que celui de ma jeunesse (je le pense même plus récent).
    Je n'ai jamais aimé Beckett et Sartre (pour l'inconditionnelle de Simone de Beauvoir que je suis, tu imagines le déchirement) mais j'adore Camus dont les réflexions me semblent plus teintées de politique et de social, ce qui semble me convenir davantage. Ceci explique donc peut-être pourquoi je n'ai pas été sensible à Pessoa.
    J'aime beaucoup inspirer des tranches de vie. ;-)

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  3. Je n'ai jamais lu Pessoa. Je ne suis pas vraiment tentée mais on verra si l'occasion se présente ou pas.

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    1. Je ne sais pas s'il vaut mieux le conseiller quand on a le moral dans les chaussettes ou au contraire quand on est en superbe forme.

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  4. J'espère que ce livre ne t'a pas dégouté de l'auteur.

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  5. Ah oui, comme Attila me vend du Pessoa avec entrain et du coup je m'étais dit que j'allais m'y coller, du coup évidemment je suis refroidie, je crois que mon heure n'est pas venue avec cet auteur lusitanien ;-)

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    1. Peut-être que j'aurais dû le lire avant, quand j'étais en pleine déprime. ;-)

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  6. Non mais évidemment c'est pas un joyeux luron le Pessoa....c'est sur que c'est pas une lecture idéale pour les vacances....ça se picore .... il t'accompagne. .toujours là quand tu cherches un compagnon de déprime ....je l'adore. ...
    Il faudra que tu te trouves l'intégrale et que tu le picores

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    1. Qu'il ne soit pas un joyeux luron, je m'en doutais un peu ;-). Je crois que ce que j'ai eu du mal à supporter, c'est sa misanthropie ou sa condescendance envers les autres (je parle de son personnage, pas de Pessoa). Et puis, je crois que ce n'était pas le bon moment pour moi, je remonte ma petite pente en douceur, là, c'était vraiment trop noir pour moi.

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