mardi 14 novembre 2017

Summer de Monica Sabolo

La fatigue, c'est comme ça que l'on qualifie à peu près tout, dans notre famille, tout ce qui implique le chagrin ou la honte. 

Cela aurait été briser le pacte qui nous tient entre nous- toutes les choses dont on ne parle pas n'existent pas. 

Benjamin est un adulte en souffrance. Vingt-cinq ans auparavant, sa sœur Summer a disparu sans laisser aucune trace. Passé entre les mains de plusieurs thérapeutes, il n'a jamais avancé et une partie de ses souvenirs semblent totalement effacés. Quand il commence à échanger avec le docteur Traub (c'est le seul personnage dont je me rappelle le nom sans avoir à regarder le roman, à part Summer évidemment, c'est dire si ce personnage est pour moi un élément central du roman alors qu'il apparaît finalement peu), des rêves l'assaillent et le submergent. 
Ce roman traite à mon avis de nombreux sujets, de la manière dont on vit avec des secrets de famille, ceux qu'on subit, ceux qu'on nous fait porter alors qu'on n'a pas les épaules qu'il faut pour les porter. C'est aussi un roman sur les effets bénéfiques de la psycho-thérapie, à tel point d'ailleurs que je suis allée vérifier si Monica Sabolo n'était pas psy- quelque chose à la base, mais il semble que non et pourtant, les séances sont très en marge, il ne faut surtout pas que ça rebute les réfractaires aux thérapies. Ça  démarre assez lentement, puis le rythme s'accélère et alors, on ne peut plus le lâcher. Monica Sabolo parvient à parsemer son roman de rebondissements assez spectaculaires sans qu'on ne se dise que ça ne tient pas la route. Et puis, c'est très joliment écrit, j'ai eu envie de noter de nombreuses phrases. On pourrait sans doute reprocher le côté un peu cliché de cette famille suisse bourgeoise, mais on ne peut en tout cas pas lui reprocher d'avoir inventé des personnages lisses, le père et la mère n'étant pas des représentations de la tendresse parentale. L'une des prouesses de l'auteure, me semble-t'il est de ne pas avoir choisi entre le thriller et le roman poétique, ce qui explique sans doute sa présence dans la seconde sélection du prix Goncourt. Il reste, en refermant ce roman, des images puissantes, comme ce châle, symbole de la relation lien mère-fille. 

Lu dans le cadre du Prix Elle des lycéennes auquel participent quatre de mes élèves de 1ère L. 

Merci au jury d'octobre du prix Elle adulte qui l'a sélectionné. Merci à mon amie Nathalie qu'il l'a lu en même temps que moi.
A conseiller aux amateurs de familles disruptives (fictionnelles bien sûr). 

Ed. JC Lattès, 316 p., 19 € (publié le 23 août).

30 commentaires:

  1. J'ai vu qu'il était dans la dernière ligne droite pour le Goncourt des Lycéens. Ça va être serré jeudi .. mais au moins il y aura une femme dans les prix, enfin.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Aifelle, je n'avais pas vu que la liste du carré final avait été publiée. Heureusement qu'ils font la part belle aux auteures, nos lycéens.

      Supprimer
  2. Je ne savais pas qu'il existait un prix Elle des lycéennes !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça doit faire un moment. C'est la troisième année que j'y participe avec mes élèves.

      Supprimer
  3. Lu mais je ne pense pas qu'il m'en restera un grand souvenir...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas sûre non plus de m'en souvenir longtemps mais il m'a beaucoup plu.

      Supprimer
  4. C’est un titre qui me tente bcp tant pour le sujet que pour la découverte de son écriture!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai vraiment été surprise par cette écriture. Ce n'est pas Duras bien sûr, mais c'est travaillé.

      Supprimer
  5. Je sais d'avance qu'il n'est pas pour moi celui-là. Son précédent (Crans Montana)m'avait autant ennuyé qu'agacé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oublie alors. Je ne l'avais pas lu, je l'ai donc lu sans idées préconçues.

      Supprimer
  6. je m'étais laissée prendre aussi à cette lecture, notamment par ce style. Avec " les buveurs de lumières " de J.Fagan, une lecture de rentrée qui me reste.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je note ce titre qui ne me dit rien.

      Supprimer
    2. Un roman écossais ( j'avais déjà adoré le premier de cette auteure ) ( chroniqué avant Summer si tu veux te faire une idée )

      Supprimer
    3. Je me souviens avoir lu ton billet maintenant.

      Supprimer
  7. Ce que tu en dis me donne plutôt envie...

    RépondreSupprimer
  8. Aaah tu es une des rares à avoir apprécié ce roman (enfin, j'ai du voir passer 3 ou 4 avis). Je ne l'ai pas lu mais ça me rassure car j'avais beaucoup apprécié "Tout cela n'a rien à voir avec moi" (le seul que j'ai lu d'elle) et franchement, ça m'avait bluffée et j'ai adoré. Par la suite, je n'ai vu quasi que des avis négatifs ou peu enthousiastes sur ses romans en général, du coup je me suis dit que j'ai dû avoir du bol avec le seul roman que j'ai lu d'elle.:-) En te lisant, je pense que Summer pourrait me plaire.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est un roman prenant. Une fois la première page tournée, on avance vite pour connaître la suite. Ma compagne de lecture l'a adoré.

      Supprimer
  9. J'ai l'impression qu'il obtient des avis très tranchés. Pour ma part, je verrais s'il me fait toujours envie et si je l'emprunte en médiathèque, une fois que les paillettes de la Rentrée littéraire seront loin.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aimerais bien qu'il récolté quelques paillettes demain.

      Supprimer
  10. Ce genre là, c'est beaucoup plus mon truc.
    Je n'ai jamais entendu parler de cette auteur là.
    Sujet inépuisable et universel....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Eh oui, malheureusement! Il pourrait te plaire, je crois.

      Supprimer
  11. Dans cette rentrée qui ne m'a donné pour l'instant aucun réel coup de coeur, ça reste un de mes préférés (avec Les vacances de Julie Wolkenstein). En tous cas je trouve très vrai ce que tu dis de ce roman entre thriller et roman poétique.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, Mylène, pour moi aussi, Les vacances fait partie de mes préférences de rentrée.

      Supprimer
  12. Ton billet est beaucoup moins tiède que ceux que j'ai pu lire à son sujet dernièrement. Du coup je m'en réjouis parce que j'avoue qu'il m'intrigue ce roman. Ça serait l'occasion de découvrir l'auteure ;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A mon avis, ce serait une belle occasion.

      Supprimer
  13. Après avoir lu plusieurs billets tièdasses ça fait plaisir d'en lire quelques uns positifs (sandrion l'a lu aussi et beaucoup aimé). Pour ma part il m'attire pour plusieurs raisons; les secrets de famille, le lac Léman :0) et la psychanalyse. Bon dimanche Valérie

    RépondreSupprimer

Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Dumas

... leur plus grande douleur et leur plus grande joie confondues jusque dans leur définition devenue unique mais innommable faute d'...